Banquiers tranchés, antipodes socialisantes, quatre-vingt-cinq riches (Le Monde diplomatique)
Banquiers tranchés, antipodes socialisantes, quatre-vingt-cinq riches (Le Monde diplomatique)
Banquiers tranchés
Considérant le sort des banquiers, un chroniqueur de la presse financière britannique regrette la disparition de la guillotine.
Le banquier est mort ; vive le banquier [en français dans le texte].
Il est temps de reconnaître notre défaite. Les banquiers s’en sont
sortis. Ils ont déjoué les assauts des dirigeants politiques, des
régulateurs et des citoyens en colère avant de se tirer, indemnes, des
ruines fumantes laissées par le grand krach de 2008. Nous étions
quelques-uns à nous imaginer qu’un tel choc pourrait contribuer à
changer les choses : des sots ! Les
banquiers continuent à empocher des bonus de plusieurs millions de
dollars tout en esquivant des amendes qui pourraient afficher des
montants similaires. Des pays entiers, des entreprises ont fait
faillite. Des chefs d’Etat ont été balayés comme des fétus de paille et,
partout dans le monde, des travailleurs ont perdu leur emploi. Nous
sommes tous un peu plus pauvres que nous n’aurions pu l’être. Mais à
Wall Street et dans la City londonienne, tout continue comme avant,
comme si de rien n’était. (…) Comme les monarques d’antan, [les banquiers]
ont accepté quelques contraintes, mais celles-ci peuvent se relâcher au
fil du temps. Ni leur pouvoir ni leur patrimoine n’ont souffert de la
crise. Il m’arrive de me demander ce qu’est devenue la guillotine de
Robespierre.
