Des cosmétiques toxiques, ou les dangers du traité de libre-échange entre l’Europe et les États-Unis
Le 10 juin dernier, le parlement européen devait rendre son avis surle traité de libre-échange en cours de négociation entre l’Europe et les
États-Unis, le TAFTA (Transatlantic Free Trade Area), renommé depuis
2013 Transatlantic Trade and Investment Partnershi (TTIP). Mais le vote
repoussé à la fin de l’été n’a pas eu lieu. La sécurité des cosmétiques
est l’un des enjeux de ce traité dont les négociations sont toujours en
cours à Bruxelles.
Si le Transatlantic Trade and Investment Partnership (TTIP) est
adopté, que deviendra la protection des consommateurs européens face à
la présence éventuelle de substances dangereuses dans les cosmétiques ?
L’an passé, on aurait pu dire, c’était certain, « pas grand chose » !
En effet, le premier document de principe de la Commission européenne
pour les négociations commerciales de la branche cosmétique paru en
avril 2014 prévoyait une « reconnaissance mutuelle » des substances
autorisées et interdites. Ce qui aurait impliqué que l’Europe, au nom du
libre-échange avec les États-Unis, accepte sur son marché les produits
américains contenant des ingrédients interdits par sa réglementation de
2006, en vigueur depuis 2013. Celle-ci interdit 1 328 produits chimiques
dangereux dans leur composition. La réglementation américaine, beaucoup
plus souple, n’en interdit que 11.